L'histoire de Renaras

Une soie. Une histoire. Une pièce. Jamais répétée.

Renaras n'est pas une idée nouvelle. C'est une conviction qui a mis du temps à trouver sa forme.

Nous travaillons depuis Amsterdam, une ville qui dialogue avec le Japon depuis quatre cents ans. Les Hollandais détenaient autrefois la seule porte occidentale donnant sur un pays fermé, à Dejima, dans la baie de Nagasaki, et c'est par cette étroite ouverture que sont arrivés les premiers kimonos jamais vus en Europe. Ils y étaient portés comme des objets d'une rareté extrême, immortalisés dans des portraits, copiés par des tailleurs incapables de se procurer les originaux. La soie avec laquelle nous travaillons n'est donc pas étrangère à cette ville. Elle y est admirée depuis très longtemps.

Le nom est venu avant que nous ne le comprenions. Nous voulions quelque chose capable de contenir deux mondes sans avoir à choisir entre eux : la Renaissance, au sens occidental d'une beauté mise de côté puis redécouverte, et le Japon, où la soie est née. Nara est venue en premier, la plus ancienne capitale impériale, là où la soie, le bouddhisme et les cérémonies ont pris racine ensemble. Re et Rei ont suivi. Ren (連) est la connexion, le lotus s'élevant pur au-dessus des eaux calmes ; Rei (麗) est la beauté rendue manifeste au regard. À l'oreille occidentale, le nom évoque la Renaissance. À l'oreille japonaise, il parle d'origine. Nous étions heureux de le laisser signifier les deux.

Pourquoi la soie de cérémonie

Pendant mille ans, les tisserands japonais ont travaillé avec une précision réservée au sacré. Une grande partie de leurs créations repose désormais pliée dans des tiroirs, oubliée, ou réduite au rang de costume.

Il existe un mot en japonais pour exprimer ce que l'on ressent face à cela. Mottainai (勿体無い) : le regret de voir de la valeur gaspillée. Nous l'avons ressenti, et nous ne pouvions pas détourner le regard.

Chaque pièce Renaras commence comme une soie de cérémonie japonaise, tissée pour hare (晴れ), les jours éclatants d'une vie : un mariage, un rite saisonnier, une heure qu'une famille jugeait digne d'être marquée. Nous donnons à cette soie une nouvelle vie dans les intérieurs d'aujourd'hui, sous forme de tapisseries murales, de chemins de table, de coussins lombaires, de panneaux encadrés et de sacs à nœuds. Renaras conçoit et réinvente la soie de cérémonie japonaise existante en pièces contemporaines pour le quotidien. C'est là notre mottainai : insuffler une nouvelle imagination dans une tradition vivante.

Rien n'est reproduit. Rien n'est imité. Aucune pièce n'est faite deux fois.

À notre garde

Nous ne nous considérons pas comme des propriétaires. La maîtrise présente dans cette soie ne nous appartient pas ; elle était celle de tisserands dont nous ne connaîtrons jamais les noms, travaillant à une hauteur que nous ne pouvons qu'admirer. Nous en sommes les gardiens pour un temps, rien de plus. Notre espoir est modeste : que chaque pièce voyage plus loin qu'elle ne l'a fait, et continue de porter sa joie et ses histoires.

Car l'histoire ne s'arrête pas lorsque la soie atteint Amsterdam. C'est là, dans un sens, qu'un nouveau chapitre commence. Nous en tenons une chronique dans le Silk Journal, un journal de la vie de chaque étoffe une fois arrivée entre nos mains : ce qu'elle était, ce qu'elle est devenue, où elle va. Le voyage d'une soie. Une histoire. Une pièce. Jamais répétée. Vous pouvez le suivre sur journal.renaras.com.